Tuesday, February 9, 2016

Building Democracies in the Middle East: Canada's New Task

Almost ten years after a continuous stable one-sided policy of the Government of Canada under the leadership of Stephen Harper, the Justin era started with promises of drastic changes on the international scene beginning with a return to a much peace oriented role of the Canadian involvement in the world and specifically in the Middle East.

Is this doable?

Many argue that it is, especially that Canada seems to have lost lots of its previous prestige in the world due to the Harper international politics.

While this might be true in a way, it is also true that Harper's policy did shed light on Canada's capabilities in participating in different regions in the World and especially in the Middle East. Hence, since 2006 "rescue mission" in Lebanon that would have not taken place had Paul Martin's government acknowledged the importance growing Canadian community outside Canada and increased the Canadian embassy's preparedness in an unstable country, and until the F-18 active participation against ISIL, the Canadian forces have tested their capacities in new rapid deployment methods and their effectiveness.

Is Trudeau's government capable of attaining the announced objective?

Certainly not and for a reason, there is no clear plan neither from Canada nor from the entire allied forces against ISIL. Worse, in different areas where the US and Canadian forces worked and helped rebuild a certain peace in Iraq and in Afghanistan, things seem to worsen after their withdrawal due to a perfect ignorance of the degree of corruption of those who were left behind after the training...

No Clear Plan for Peace

Today, Canada needs to think differently and away from any speculation. None of the allied countries advanced a clear vision towards finding a real peaceful solution to the crisis in Syria and Iraq. None of the previous and current US allies saw an interest to explain to the US that their policy in taking down a dictator with the total absence of alternative could bring the country to its divide and civil war. None of these allies seem to understand that we, Westerners, cannot impose our democracy in a land where this term is unknown and where no opposition can stand a single chance. None of them understood that the victims of yesterday would become today's executioners and avenge their owns in different ways instead of recuperating and assimilating the others to build a new peaceful relationship...

Today, there is still a possibility that Canada can use to distinguish itself from all other allied countries and gain back its prestigious peace oriented policies. Indeed, a few days ago, Foreign Affairs Minister, the Honourable Stephane Dion was asked if the Trudeau promises will be fulfilled in Iraq. His answer was unclear. According to him this "withdrawal" process can take some time to find what other allied government think about the role Canada should play, and that Canada awaits to decide upon certain proposals and suggestions that were offered to it after Trudeau stated that Canada will stop its active bombardment mission against ISIL.

Canada's New Role...

Why should we wait for other countries to decide for us what we can do when we can play a major peaceful role? Did anyone suggested a comprehensive plan that could be discussed by all concerned Syrian parties in the current peace talks in Geneva? It is no secret that Middle Eastern countries are multiethnic and multi-religions ones and therefore everyone among them aims at taking power and oppressing the other in return of previous prosecutions it lived under that other. 

Well, I argue that this could be the major point upon which Canada should focus to convince all parties to accept each other as a full member of a new nation to be built today before any further step. 

The second step would be asking all parties representing all communities to sit around a table and decide whether they want to live together once and for all or create their own, and that issue concerns Kurds, Arabs Sunnis and Shiites, as well as the Christians. None can be forced to live with the other unless convinced. 

For this to happen, each party should be guaranteed access to power and to wealth in a new vision based on a bicameral stable representation capable of defending the rights of all in a rule of law system. As for the last step, sharing the power can be accessible to all via the musical chair formula where each of the major institutions of the country can switch its president at the same time so all can assume all political tasks for the common good.

Of course reaching this idealistic formula, would take some time to convince all parties to accept each other and this is where Canada's role should start and the focus put on. Needless to say if this succeeds, this new Constitutional model can be adapted and exported to different countries of the region , such as Iraq, Lebanon, and also in Libya and other African countries.

Alain-Michel Ayache
Researcher
Center for Contemporary Religious Studies

University of Sherbrooke

Thursday, September 17, 2015

Syrie: Realpolitik ou tout simplement naïveté?


Il y a des jours où je me demande si l'Occident est conscient de sa naïveté et prisonnier de sa démocratie et ses valeurs... et puis je me dis que c'est peut-être sa façon de défendre nos valeurs de liberté... mais à quel prix?

La tragédie des Émigrants et réfugiés syriens -- entre autres -- nous donne finalement l'occasion, et ce, bien très tard -- mais comme dit l'adage: « mieux vaut tard que jamais » -- de réaliser que sans aider à trouver la solution dans les pays du tiers-monde, leurs problèmes finiront par nous rattraper d'une manière ou d'une autre et souvent, c'est le contribuable occidental qui paye les pots cassés des politiques de ses gouvernements qui fragilisent en fin de compte nos valeurs.

Pas d'alternative viable

Loin d'être un fan du dictateur syrien, il n'en demeure pas moins que sa disparition en ces moments rendront la situation au Proche et Moyen-Orient encore plus volatile et facilement exportable vers l'Ouest. Rappelez-vous ce que feu Kadhafi disait de son vivant, que l'Occident finira par perdre devant la démographie musulmane. Là encore, il ne s'agit pas non plus de créditer cette thèse aveuglément ou de clouer au pilori l'Islam car souvent il y a de nombreux musulmans qui ont contribué et d'une manière très honorable à bâtir la renommée de nombreux pays occidentaux dans plus d'un domaine.

Sauf qu'il faut être réaliste et conscient du danger de ne pas connaître à qui on a véritablement à faire. Oui, l'Islamisme pur et dur ou le fondamentalisme souvent associé au wahhabisme et au salafisme ne peut en aucun cas être compatible avec nos valeurs occidentales et pourtant me diriez-vous que les princes saoudiens et qataris sont éduqués en Occident et importent nos valeurs chez eux... Certes, c'est vrai en partie, mais cette importation vise les familles royales et princières alors que le peuple ou le commun des mortels reste plongé dans l'ignorance. Or, le problème n'est pas ici, car nul gouvernement occidental n'ignore cette vérité. Pire, les dictateurs d'autant que la soi-disant révolution arabe financée et encouragée par le Qatar, mieux connue sous le surnom de « printemps arabe » avaient été pour longtemps les chouchous de l'Occident et leurs alliés objectifs dans la mesure où les richesses naturelles et notamment pétrolières de ces derniers servaient l'Occident. Des richesses dont les retombées atterrissaient dans les poches des princes et des gouverneurs alors que le commun des mortels était souvent réduit à la mendicité. Cela était également vrai pour le régime syrien qui, pour des nombreuses années, était le partenaire pragmatique de Washington dans le maintien du calme sur la frontière nord d'Israël alors qu'au même moment, les États-Unis et l'Occident dans son ensemble étaient au courant des exactions du régimes contre son peuple mais également contre les pays voisins notamment le Liban. Mais la realpolitik étant ce qu'elle est, le régime des Assad perdura. Pendant tout ce temps, les opposants pouvant former un gouvernement en exil étaient soit réduits au silence par le régime, soit complètement ignorés par l'Occident, jusqu'au jour où tout d'un coup l'Occident s'est rendu compte qu'il fallait une alternative au régime des Assad... Le problème, qui est toujours d'actualité, c'est qu'il n'y en a plus! Et voilà que « l'opposition » principalement sunnite de l'armée libre de Syrie essaye de prendre la relève aidée tout d'abord par des opposants sunnites irakiens. Rapidement, elle se trouve aux prises avec un problème nouveau, la naissance de plusieurs groupes fondamentalistes wahhabites, salafistes et takfiristes cherchant à instaurer un Califat islamique entre l'Irak et la Syrie sans égard à la cause juste de remplacer le dictateur de Damas. Or, le résultat fut autre. Voilà maintenant que les fondamentalistes principalement sous le commandement de ce qui est appelé État Islamique au Levant (EIL) ou DAECH en arabe, ouvre une boîte de pandore très dangereuse pour le monde entier.

Le jeu mesquin des monarchies du Golfe

Armé et financé par le Qatar et l'Arabie Saoudite pour renverser le régime syrien l'EIL est également mandaté de s'opposer à l'avancée de l'Iran et de son allié le Hezbollah libanais en Syrie mais aussi dans certains pays du Golfe où vit une minorité (dans certains cas représentant la majorité dans une région donnée) de Chiites.  Les pays du Golfe ont une réelle peur que ces derniers ne se révoltent et changent la donne dans leurs pays, comme ce fut le cas au Bahrein ou comme c'est toujours le cas au Yemen. Or, l'EIL s'est taillé une place à part et a pris pour cible tout ce qui n'était pas allié à sa vision du monde, réductrice, destructrice ramenant les peuples à l'âge de pierre ou presque.

Qu'on aime ou que l'on n'aime pas Assad, il n'en demeure pas moins que l'EIL ne peut être le régime de remplacement. Assad n'a pas détruit le patrimoine mondial, l'EIL l'a fait. Assad n'a pas massacré ses minorités, l'EIL l'a fait. Assad n'a pas délogé femmes et enfants de leurs maisons, l'EIL l'a fait. Certes, Hafez al-Assad, père de l'actuel président, a commis de nombreuses atrocités contre les Sunnites en Syrie dans les années 80 et contre les Chrétiens et Chiites et même contre les Palestiniens au Liban, mais cela s'est déroulé sous une sorte de bénédiction américaine et occidentale. Assad semble avoir utilisé les armes chimiques contre les Sunnites, mais l'EIL l'a également fait contre les innocents. Assad utilise les barils explosifs, l'EIL coupe les têtes en fait des productions « EILienne » pour faire peur aussi bien aux réticents musulmans et aux Occidentaux mais aussi est passé maître dans la propagande et le recrutement parmi nos jeunes partout en Occident! Et nous... nous observons bouche bée! Qui choisir entre le pire ou le moins pire? Or, la question n'est plus à ce stade!

Aujourd'hui, le danger réside dans la perspective d'absence totale de solution pour trouver un substitut à Assad en Syrie à un moment où Vladimir Puttin cherche par tous les moyens non à sauvegarder Assad puisqu'il le préfère sur d'autres, mais sauvegarder l'unique place stratégique restante pour la Russie au Proche et Moyen-Orient en Syrie où une base navale russe se trouve depuis quelques années à Tartouse sur la côte syrienne encore sous contrôle du régime.

La meilleure façon d'aider les réfugiés

Et les réfugiés? Il faut sans aucun doute compatir avec les réfugiés, mais il faut le faire chez eux et non pas les emmener en grands nombres ici. Il faut comprendre que les populations sunnites de ces pays sont restées traditionnelles et pauvres sous les Assad et l'EIL a recruté ses jeunes et continu de le faire. Les emmener en Occident créera un choc sérieux de civilisation dans la mesure où nos valeurs sont loin d'être compatibles avec l'Islam traditionnel. Il suffit de regarder le phénomène en France et l'incapacité de la France à intégrer ses immigrants alors qui étaient principalement venus pour aider à développer la croissance économique dans les années soixante et souvent ses immigrants musulmans s'étaient pourtant battus pour la France. Les descendants des Harkis, n'ont malheureusement pas réussi à s'y intégrer car rejetés par la population française qui les considérait comme immigrants et eux nés en France ne se considérant pas Français.
Il faut aider les réfugiés syriens dans un environnement qui les convient plus, en Turquie, au Liban et en Jordanie où ils se trouvent par millions. Les aider commence par créer des écoles pour permettre à ces jeunes de continuer leur éducation au lieu de faire d'eux des futures bombes humaines. Et puis, pourquoi ne pas obliger les pays arabes, tels l'Arabie Saoudite, le Qatar, les Émirats Arabes Unis et le Bahreïn à les accueillir? Aucun de ces pays ne participe réellement dans cet effort mais sont contents d'exporter les réfugiés et même parfois de payer pour eux pour se déplacer en Occident... pourquoi? Quel plan derrière cela? Ils sont pourtant de la même religion et leurs pays sont vastes et ils ont les moyens... pourquoi alors ne pas les aider en les accueillant tout près de chez eux? Puis le moment venu, une fois la solution à la crise syrienne trouvée, ils pourront retourner plus facilement chez eux? Par ailleurs, où sont passées les voix modérés des musulmans sunnites pour condamner les exactions de l'EIL contre principalement des musulmans?

Niqab ou valeurs démocratiques, il faut choisir

Pourquoi alors chercher à importer des graines d'une intégration difficile dans nos pays? Avons-nous la capacité de les pousser à adopter nos valeurs? Accepteraient-ils de délaisser les leurs qui ne sont pas tout-à-fait compatibles avec les nôtres? À un moment où l'histoire du Niqab ressurgit de nouveau, il est important de prendre cette question au sérieux car cela ne représente qu'un test ultime pour nos démocratie et nos valeurs. Saviez-vous qu'il est interdit de couvrir son visage sur les papiers officiels dans les pays les plus fondamentalistes? Et qui prends les photos dans ces pays pour les passeports? Certainement pas des femmes en burqa! Alors soyons un peu réaliste et laissons notre naïveté d'occidental de côté. Cette question n'a rien à faire avec la religion. Il s'agit avant tout d'un acte purement politique contre les valeurs occidentales. Alors pensons à défendre nos valeurs.

Alain-Michel Ayache

Spécialiste du Proche et Moyen-Orient

Wednesday, October 9, 2013

Intervention possible en Syrie - Un remake de l’Irak de Saddam?

Le Devoir,
30 août 2013

Le régime Assad est-il stupide au point de se faire hara-kiri sur la scène internationale?

Vous rappelez-vous des « armes de destructions massives » de Saddam desquelles Washington avait
peur et qui avaient mené le gouvernement Bush vers la guerre de 2003 ? Ces menaces irakiennes qui
s’avérèrent plus tard infondées ? Nous voilà aujourd’hui devant une possibilité de remake de cette
affaire, mais cette fois-ci, il s’agit du parti frère - ou cousin - de l’Irak, le parti Baath syrien du
président Bachar al-Assad.

Aujourd’hui, Bachar, fils de feu Hafez al-Assad, meilleur allié arabe pour la stabilité des fronts est et
nord d’Israël, semble devenu une persona non grata qu’il faut éliminer de la carte moyen-orientale.
Toutefois, ce que les analystes du gouvernement actuel américain ont omis dans leurs calculs résidedans la réaction de ses proches collaborateurs, mais également le manque de candidats capables de
remplir le rôle de la solution de rechange, advenant la fin dudit régime.

Les mauvais calculs d’Obama

Ce que les analystes de la Maison-Blanche semblent ignorer, c’est qu’à la différence des sunnites
d’Irak, qui comptaient de nombreux aspirants généraux pour remplacer Saddam, la communauté
alaouite à laquelle le président Assad appartient est plus solidaire de son chef. Par ailleurs, les troupes
d’élite syriennes sont principalement alaouites et sont équipées des meilleurs armements russes
existants.

D’un autre côté, ces mêmes analystes américains tablaient sur l’union de l’opposition à l’étranger. Un
groupe capable de former un gouvernement en exil, lequel serait immédiatement reconnu par les
Occidentaux et, à leur tête, les États-Unis. Or, cet espoir s’est rapidement brisé compte tenu du
manque de cohésion des candidats potentiels, incapables de se trouver un terrain d’entente.

À cela s’ajoute la variable sunnite, surtout dans l’armée syrienne sur laquelle ces analystes comptaient
comme facteur de division. Or, bien que certains généraux syriens sunnites aient quitté les rangs de
l’armée, voire pour certains avec armes, munitions et soldats sous leurs ordres, il n’en demeure pas
moins que l’armée syrienne est encore composée aussi bien d’alaouites que de sunnites et prône
toujours un discours que ses chefs considèrent « national ».

Il y a aussi l’évaluation de la capacité de combat des « rebelles », qui disposent d’un armement de
base. Or, sur ce point, les États-Unis se heurtent à un choix très difficile et crucial. En effet, la montée
de l’Islamisme salafiste pur et dur en Syrie ainsi que l’apport en armes, munitions, mais surtout en
djihadistes des quatre coins du Moyen-Orient - de l’Afrique noire et de l’Asie musulmane - font en
sorte que le théâtre des opérations syriennes est devenu trop risqué ; difficile d’y apporter une aide en
armes sophistiquées, puisqu’elles pourraient tomber dans les mains des insurgés. La décision de la
France d’annuler la livraison de missiles sol-air est assez significative à ce propos et démontre le
cafouillage occidental dans la façon de traiter la crise syrienne.

Dire certaines vérités…

Le risque le plus grand ? Que les insurgés finissent par être entièrement contrôlés par les salafistes et
les djihadistes avec l’appui des Frères musulmans syriens, mais également des autres venus de Tunis,
d’Égypte avec l’argent aussi bien saoudien que qatari. Advenant un tel résultat, les minorités en Syrie,
dont les alaouites, seraient égorgées comme le sont actuellement les chrétiens en Syrie ; ce dont on ne
parle jamais dans nos médias. Il suffit d’aller naviguer sur la toile pour voir les images des horreurs,
des terreurs et des atrocités perpétrées par les rebelles djihadistes et salafistes contre les chrétiens de
Syrie.

Or, Washington et l’ensemble de l’Occident se retrouvent sous le marteau de ces salafistes et
djihadistes, ainsi que des Frères musulmans… mais au nom d’un slogan fait des principes de liberté,
des droits de l’homme et de démocratie ; et ce, au moment où les pays dits du « printemps arabe »
prennent le chemin de retour à l’obscurantisme médiéval…

Armes chimiques : résonnons dans l’absurde!

 Le dernier chapitre du drame syrien, marqué par les armes chimiques, semble encore une fois
démontrer cet illogisme dans la gestion de la crise syrienne par les Américains, d’autant plus que de
nombreuses questions se posent sur la crédibilité d’une telle manoeuvre. S’il est vrai que des armes
chimiques ont été utilisées contre les civils syriens, et principalement des sunnites, la question qu’un
chercheur-analyste devrait poser est : le régime est-il stupide au point de se faire hara-kiri sur la scène
internationale à un moment où il cherche activement à rebâtir des ponts ? L’autre question légitime
serait alors de savoir à qui profite le crime.

Là, ce ne sont pas les acteurs régionaux qui manquent, en commençant par les Saoudiens qui ont à
leur tête l’émir Bandar bin Sultan, jadis un point de contact important du royaume avec l’ensemble des
services secrets du monde et actuellement avec Al-Qaïda… Il y a également le Qatar, qui a tout intérêt à
regagner sa place régionale, surtout qu’à la tête de ce petit émirat, le fils vient de remplacer le père.

Les jours à venir s’annoncent très sombres en Syrie et la dislocation du Proche et Moyen-Orient est à
l’ordre du jour. La question ultime serait alors de connaître le rôle que les Occidentaux comptent
réserver aux islamistes après que les dictatures arabes aient échoué dans le développement de
l’humain dans leur pays au profit de leurs poches d’abord et de leurs proches ensuite. La
condamnation timide de la destitution de Morsi en Égypte et la prise du contrôle de l’État par l’armée,
mais également les révoltes qui commencent à sourdre un peu partout dans les pays du « printemps
arabe » contre les islamistes au pouvoir sont-ils des indications de changement de cap dans la politique
occidentale et, notamment, américaine ? Si oui, pourquoi ? Regrettent-ils déjà les dictatures alliées de
l’époque ?

Alain-Michel Ayache - Chercheur, Faculté de théologie et d’études religieuses (FaTER), Université
de Sherbrooke | Actualités internationales

Photo : Agence France-Presse Abo Shuja
Des rebelles s’affairant à détruire une affiche de Bachar al-Assad (à droite) et de son père, feu Hafez al-Assad, meilleur allié arabe pour la stabilité des fronts est et nord d’Israël.

Sunday, August 25, 2013

Syrie, le compte à rebours ?

Pour peu on se croirait retournés en 2003 au temps où l'administration américaine de George W. Bush cherchait par tous les moyens à mettre un terme au Parti Baath de Saddam Hussein mais surtout à éliminer un dictateur, qui, disait-on à l'époque, allait menacer la paix régionale à cause de ses “armes de destruction massive”. Cela a pris plusieurs milliers de morts côtés américains et plusieurs centaines de milliers côté irakien et une instabilité continue de ce pays divisé entre ses composantes communautaires musulmanes principales alors que les Chrétiens ont trouvé le chemin de l'exil dans les pays d'immigration quand ce n'était pas celui des massacres et de l'intimidation continue. La suite, on la connait avec la découverte de la non-existence desdites armes de destruction massive! Mais ce qui était fait… était fait : On se débarrassa du dictateur.

Syrie : Remake de l’Irak ?

Or, nous voilà aujourd'hui avec un remake de la guerre d'Irak, mais cette fois-ci, il s'agit du parti frère ou cousin de l'Irak, le Parti Baath syrien du président Bachar al-Assad.

Ce qui est étrange dans son cas, c'est qu'à la différence de Saddam Hussein, toutes les administrations américaines aussi bien républicaines que démocrates avaient toujours appuyé directement et indirectement la politique régionale de feu Hafez al-Assad, père de l'actuel président syrien, et cela, souvent au dam de la liberté et de la souveraineté du Liban. Le père avait même été qualifié par de nombreux chefs d'États occidentaux comme le «  Bismarck  » du Moyen-Orient. Or, aujourd'hui, son fils Bachar, semble devenu une persona non grata, qu'il faut éliminer de la carte moyen-orientale. Toutefois, ce que les analystes de l'administration actuelle américaine ont omis dans leurs calculs, réside dans la réaction de ses proches collaborateurs, mais également le déficit en matière de candidats capables de remplir le rôle de l'alternative advenant la fin dudit régime.

En effet, ce que les analystes de la Maison Blanche semblent ignorer, c'est qu'à la différence de Saddam Hussein, Sunnite, où l'on pouvait trouver un aspirant général pour le remplacer, la communauté alaouite à laquelle le Président Assad appartient est plus solidaire de son chef d'autant plus qu'elle représente une infime minorité en Syrie d'un peu plus de 5% de la population syrienne alors que ce ratio est beaucoup plus élevé en Irak avec les Sunnites.

Par ailleurs, les troupes d'élites syriennes sont principalement alaouites et sont équipées des meilleurs armements soviétiques existants.

D'un autre côté, ces mêmes analystes américains tablaient sur une opposition à l'étranger pour s'unir et former un gouvernement en exil qui serait immédiatement reconnu par les occidentaux et à leur tête les États-Unis. Or, cet espoir est vite tombé dans l'incertitude vue le manque de cohésion avec les candidats potentiels incapables de se trouver un terrain unique.

La variable sunnite syrienne

À cela s'ajoute la variable sunnite surtout au niveau de l'armée syrienne sur laquelle ces analystes tablaient pour voir la division de l'armée s'effectuer de la même façon que cela a été tenté en 1975 avec l'armée libanaise, mais cette dernière avait surmonté cette division et restée impartiale durant ladite guerre civile libanaise . Or, bien que certains généraux syriens sunnites aient déserté les rangs de l'armée syrienne voire pour certains avec armes, munitions et soldats sous leurs ordres, il n'en demeure pas moins que l'armée syrienne est encore composée aussi bien d'Alaouites que de Sunnites et prône toujours un discours que ses chefs considèrent «  national  ».

Les mauvais calculs de l’Administration Obama

Là encore, une des faillites principales dans l'analyses américaines fut celle de la capacité des «  rebelles  » de mener le combat face à une armée déterminée et de loin plus équipée sans que des armes équivalentes ne leurs soient fournies. Or, les États-Unis se heurtent à un choix très difficile et crucial non seulement pour la Syrie mais pour l'ensemble de la région voire pour l'ensemble du Moyen-Orient.

En effet, la montée de l'Islamisme salafiste pur et dur en Syrie et l'apport en armes, munitions mais surtout en jihadistes des quatre coins du Moyen-Orient, de l'Afrique noire et de l'Asie musulmane, fait en sorte que les cartes syriennes sont devenues trop dangereuses pour risquer d'apporter une aide en armes sophistiquées capables de tomber dans les mains des insurgés dont la plupart est formée de jihadistes étrangers et mercenaires. La décision de la France d'annuler la livraison de missiles sol-air est assez indicative à ce propos et démontre le cafouillage occidental dans la façon de traiter la crise syrienne.

Dire certaines vérités… risque le « politically correct »

D'ailleurs, ce qui fait encore plus peur et c'est ce que certains analystes américains pensent tout bas au lieu de l'afficher tout haut, c'est que les insurgés finissent par être entièrement contrôlés par les salafistes et les jihadistes avec l'appui des Frères Musulmans syriens mais également des autres venus de Tunis, d'Égypte avec l'argent aussi bien saoudien que qatari. Advenant un tel résultat, les minorités en Syrie dont les Alaouites seraient égorgées comme sont les Chrétiens actuellement en Syrie et qu'on n'en parle jamais dans nos médias. Il suffit d'aller surfer sur la toile pour voir les images des horreurs, de terreurs et d’atrocités perpétrés par les «  rebelles  » jihadistes et salafistes contre les chrétiens de Syrie.

Bref, entre l'enclume du régime dictatorial des Assad, qui, pendant plusieurs décennies, représentait la frontière et le front les plus stables pour Israël, Washington et l'ensemble de l'Occident se trouvent du coup sous le marteau des salafistes et des jihadistes ainsi que des Frères Musulmans au nom de la liberté et des droits de l'Homme, au nom de la démocratie recherchée tout court ! Des principes de droit chéries par l’Occident, mais des droits, qui, nous connaissons, seront rapidement bannis aussitôt les salafistes, jihadistes et Frères Musulmans au pouvoir. Les exemples se multiplient au quotidien dans l'ensemble des pays dits du «  printemps arabe  » qui devient chaque jour un «  hiver arabe  » et un retour à l'obscurantisme médiéval avec les encouragements occidentaux et notamment de l'actuelle administration américaines, aussi étrange que celui puisse paraître.

Armes chimiques : Résonnons dans l’absurde !

Le dernier chapitre des armes chimiques syriennes semble encore une fois démontrer cet illogisme dans la gestion de la crise syrienne par les Américains, d'autant plus que de nombreuses questions se posent sur la crédibilité d'une telle manœuvre. S'il est vrai que des armes chimiques ont été utilisées contre les civils syriens et principalement des sunnites, la question qu'un chercheur-analyste poserait serait de savoir si le régime est tellement stupide pour se faire hara-kiri sur la scène internationale dans un temps où il cherche activement à démontrer le contraire. L'autre question légitime serait alors de savoir à qui profite le crime, et dans ce cas, cette attaque à l'arme chimique ?
Là, ce ne sont pas les acteurs régionaux qui manquent en commençant par les Saoudiens et à leur tête l'émir Bandar bin Sultan jadis un point de contact important du royaume avec l'ensemble des services secrets du monde et actuellement avec Al-Qaïda... mais également le Qatar qui a tout intérêt à regagner sa place sur la place régional après que le recul affiché après le désistement du père au profit du fils il y a quelques mois à la tête de ce petit émirat.

Quoi qu'il en soit, les jours à venir seront très sombres en Syrie et la dislocation du Proche et Moyen-Orient est chose d'actualité... La question finale qui se pose alors, c'est de connaître le rôle que les Occidentaux réservent aux islamistes après que les dictatures arabes aient échoué dans le développement de l'Humain dans leur pays au profit de leurs poches en premier et des leurs en second. La condamnation timide de la destitution de Morsi en Égypte et la prise du contrôle de l’État par l’armée mais également les révoltes qui commencent à naître un peu partout dans les pays du « printemps arabe » contre les islamistes au pouvoir, sera-t-elle une indication de changement de cap dans la politique occidentale et notamment américaine ? Si oui, de peur de quoi exactement ? Regrettent-ils déjà les dictatures alliées de l’époque ?

Congrès Islamiste à Montréal

Quant au Canada, est-ce la permission aux plus intégristes, les purs et durs de l'Islam salafistes de se réunir au Palais des Congrès à Montréal, un message de la part de l'Occident et particulièrement de Washington – puisque 'il est plus facile de venir au Canada que de partir aux États-Unis – pour leur signifier un quelconque message ou pour les rencontrer dans les coulisses pour essayer de s'entendre sur l'avenir de l'ensemble de la région arabe  ? Si tel est le cas, l'Occident aurait encore une fois vendu les minorités chrétiennes en premier pour satisfaire ses intérêts... et à «  Allah  », les droits de l'Homme et le peu de démocratie restante !

Alain-Michel Ayache
Chercheur
Faculté de théologie et d'études religieuses (FaTER)

Université de Sherbrooke

Wednesday, August 1, 2012

La recette magique du Dr Barrette!

Je suis étonné de voir que la CAQ porte une très grande importance à la participation du Dr Barrette dans les élections au sein de son équipe. Pourtant, le Dr Barrette critiquait il n’y a pas si longtemps le chef de ladite coalition! Pis encore, pourquoi la CAQ promue-t-elle le Docteur alors que selon toute vraisemblance, il n’a pas réellement contribué à améliorer la situation de la santé au Québec!

D’ailleurs, à mieux analyser la situation  des médecins de famille ou même des spécialistes au Québec, on se rend vite compte que le problème se situe plus au niveau de l’Ordre des médecins en tant que tel! Oui, le Québec peut mieux faire en matière de médecine familiale et desservir toute la population. Pour cela, il n’y a qu’une possibilité réelle et réaliste, qui, à cout-terme, pourrait bien aider à combler le déficit en matière de médecin dans la Belle Province.

Cette recette « magique » n’est autre que de permettre – à l’instar des médecins de France – d’exercer leur métier ici pour desservir notre population.

En effet, le problème principal c’est la reconnaissance des diplômes et des compétences étrangères. Certes, à juste titre, on ne peut pas reconnaître les compétences de tous, mais au moins des pays dont la formation académique et les compétences ressemblent aux nôtres. Par ailleurs, de nombreux candidats à l’immigration francophiles sont médecins mais trouvent des difficultés certaines à s’intégrer au Québec à cause justement de cette impossibilité d’exercer en tant que médecins, et finissent par regagner leurs pays d’origine ou aller aux États-Unis.

Pourquoi alors le Dr Barrette n’a-t-il pas établit avec l’aide du gouvernement en place ou d’autres avant de se lancer en politique une vision pour recruter les nouveaux médecins au lieu de bloquer la machine et la protéger comme une chasse-gardée aux critères très particuliers? N’est-il pas préférable de permettre aux médecins étrangers désireux s’installer au Québec de passer une courte période de stage d’adaptation pour exercer enfin leur métier en toute quiétude comme cela se faisait dans le passé?

C’est en permettant justement aux médecins immigrants qui passent avec succès un stage en milieu hospitalier et en région également, que le Québec viendrait à bout de la crise en matière de santé.
Investir en ressources humaines et dans la connaissance « néo-québécoise » ne peut être qu’une valeur ajoutée pour les Québécois et pour le Québec, à condition, bien entendu, de considérer finalement l’autre comme son alter ego.

C’est de cette manière que le secteur de la santé pourra combler rapidement son déficit en matière de ressources humaines. C’est également comme cela que nous intégrerons mieux les nouveaux-venus dans la société québécoise, et c’est comme cela que nous profiterons pleinement des richesses culturelles et des connaissances professionnelles et du savoir-faire de l’autre. Il suffit d’ailleurs de regarder aujourd’hui dans les hôpitaux le nombre de médecins originaires de pays tiers et qui ont choisi le Québec pour résidence principale pour voir l’importance de l’apport des richesses d’autrui. Certes la plupart ont étudié ici et ont décidé d’y vivre. Rien n’empêche alors que ces derniers ne deviennent eux le comité de sélection des nouveaux candidats médecins en provenance de leurs pays d’origine, puisqu’ils sont les mieux placés pour juger les deux systèmes et miser sur ce qu’ils ont en commun au profit des Québécois.

Alors Dr. Barrette, la question pour vous est : êtes-vous en politique aujourd’hui pour améliorer ou pour perpétuer votre chasse-gardée?  

Alain-Michel Ayache
Analyste politique
Spécialiste du Proche et Moyen-Orient

Wednesday, July 25, 2012

Entre multiculturalisme et intégration: Les communautés culturelles à l'aube des élections


Entre multiculturalisme et intégration :
Les communautés culturelles à l’aube des élections

Pourquoi les communautés culturelles bouderaient-elles les prochaines élections ou au contraire participeraient-elles en masse? C’est cette question qui ne cesse de circuler dans les milieux politiques depuis qu’une troisième voie s’est présentée aux électeurs québécois, entendez par cela la Coalition Avenir Québec.
Avant la naissance de la CAQ, les communautés culturelles ou les « néo-Québécois » étaient limités à deux choix : soit l’indépendance du Québec avec le PQ -- alors qu’eux sont venus au « Canada » -- soit le Parti Libéral souvent vu comme étant un parti du statu quo pour un Québec au sein du Canada bien que le PLQ soit également perçu comme profitant du choix obligé desdites communautés et de leur vote acquis d’avance par défaut!
La CAQ : Une fausse troisième voie
L’avenue de la CAQ se présentait alors comme une troisième voie, une alternative unique au Parti Libéral, donc un parti fédéraliste qui ne prône pas la séparation, du moins ce que les Caquistes tentent tant bien que mal à faire circuler dans les milieux communautaires. Or, le fait que le Chef de ce parti provienne du PQ et nombre de ses députés aussi, mine la crédibilité de son agenda officiellement annoncé.
Pour plusieurs analystes issues desdites communautés, rien n’empêche M. Legault dans dix ans de changer de stratégie et de cap, ou d’utiliser les acquis durant ces dix années pour relancer un référendum sur la souveraineté du Québec. En d’autres termes, il utiliserait les dix années en question pour bâtir ses forces et son parti avec l’aide des Québécois y compris les communautés culturelles en miroitant un Québec fort au sein de la confédération canadienne avant de sortir de sa manche à la dixième année le joker de l’indépendance. Il serait alors trop tard pour les véritables fédéralistes de faire opposition à son projet.
Et, toujours selon ces analystes, ce seraient justement les communautés culturelles qui seraient les premiers à payer le prix de l’ignorance du l’agenda réel du Chef.
Mais que veulent-elles ces communautés culturelles me diriez-vous?
La problématique de l’intégration
Simple : la reconnaissance des autres membres de la société québécoise. En fait, à mieux regarder les choses, aucun gouvernement québécois à date n’a mis en place une réelle politique d’intégration desdites communautés. Au lieu, on a laissé ce privilège au fédéral qui prône depuis des années le multiculturalisme. Est-ce la bonne recette pour le Québec?
Le constat aujourd’hui tient à indiquer que les choix des différents gouvernements québécois à date ont privilégié la langue française sur un ensemble d’autres variables qui n’avaient pas été prises en considération et qui désormais soulèvent une problématique certaine.
En effet, s’il y a une société généreuse et accueillante, c’est bel et bien la communauté québécoise. Sauf que le problème ce n’est pas le fait d’accueillir les nouveaux venus. C’est plus leur intégration qui cause problème et qui poussent certains décideurs de parler d’accommodements raisonnables qui représenteraient dans l’avenir une boite de pandore pour de nombreuses raisons dont la principale demeure la sauvegarde des valeurs québécoises.
Force est alors de constater que la politique multiculturelle québécoise est plus un échec bien que de nombreux immigrants devenus québécois ont brillé par leur succès et porté haut le flambeau culturel et économique/affaires québécois, tels Wajdi Mouawad, Dany Laférrière et Jamil Cheaïb le parton du Groupe Adonis, et j’en passe.
Il y a les « autres » et les Québécois
Le problème que rencontrent les membres des communautés culturelles c’est principalement le fait qu’ils sont perçus toujours comme les « autres » au Québec. On a beau être au Québec depuis des dizaines d’années, étudié ici, travaillé, payé des impôts, marié et eu des enfants, on est toujours perçu comme Algérien, Marocain, Libanais, Italien, Juif, etc. Souvent, me dit-on dans ces milieux, la première question qu’on nous pose quand ils entendent notre accent, c’est : vous êtes quoi/d’où vous? Alors que la plupart de ces derniers veulent tout simplement être perçus comme Québécois!
Par ailleurs, et j’en ai rencontré des cas tout au long de ma carrière professionnelle ici, le premier problème traité hypocritement par les différents gouvernements qui se sont succédés au Québec depuis que les portes de l’immigration autre qu’européenne ont été ouvertes, c’est l’équivalence des diplômes. « On nous a promis mondes et merveilles au Québec, et lorsque nous sommes venus, nos diplômes n’ont pas été reconnus. Nous n’avons pas pu donc intégrer le marcher du travail et nous nous sommes retrouvés sur le bien-être social »; d’autres diront « J’ai adressé des centaines de CV pour des postes similaires à ceux dans lesquels je travaillais dans mon pays d’origine, et y compris d’autres juniors, car je voulais à tout prix travailler pour faire vivre ma famille, mais je n’ai jamais eu de réponse. Le jour où j’ai changé de nom sur mon CV et l’ai francisé pour ressembler à Tremblay, j’ai eu des réponses »! Voici également un autre problème dont les mentalités ne sont pas encore prêtes à résoudre.
Devant cette inertie d’intégration, les communautés se regroupent et commencent à former ce qui ressemble chaque jour un peu plus à des ghettos qui risquent un jour d’exploser à la parisienne si des politiques adéquates ne sont pas mise de l’avant.
Respectés pour ce qu’ils sont et non pour qui ils sont!
Pis encore, avec la campagne électorale, tous les partis politiques se ruent aux portes de ces communautés pour solliciter leur vote. Une visite qui se produit uniquement en temps d’élection et disparaît aussitôt les élections terminées.
Ce qui enfonce le clou de la méprise encore plus, c’est le fait d’accepter les candidatures de personnes issues desdites communautés et qui ne représentent aucunement leurs propres communautés bien qu’elles clament l’opposé. Le danger dans cela, c’est l’image que les partis politiques qui acceptent lesdits candidats donnent d’eux aux restants des communautés concernées. Car souvent, les personnes qui se présentent aux élections ont les moyens pour le faire. Or ce que le monde politique au Québec devrait comprendre, c’est que les communautés culturelles qui ont choisi le Canada pour y vivre partent du principe qu’elles sont venues ici pour échapper justement à ce qui se passait dans leur pays d’origine où seuls les plus aisés ou proches de partis politique au pouvoir pouvaient aspirer à se présenter aux élections alors que les plus éduqués et capables d’apporter un réel changement aux politiques néfastes des gouvernements de leurs pays ont été forcés de quitter leur pays pour trouver de meilleures opportunités ailleurs, où leur a-t’on-dit seront respectées pour ce qu’elles sont et non pour qui elles sont!
En effet, et à regarder de plus prés, depuis des années, la grande majorité des candidats aux élections issue des communautés culturelles qui s’est présentée dans les différents partis n’a jamais eu l’appui des siens, soit parce que ces derniers ne les reconnaissent pas comme représentatifs de leurs intérêts, soit parce qu’ils ne croient pas au parti avec lequel lesdits candidats se sont présentés et ont opté pour le parti le plus « sûr » le PLQ.
Or, à mieux analyser les circonscriptions dans lesquelles lesdits candidats sont nommés, on perçoit rapidement qu’ils sont condamnés d’avance car à part une chance inouïe tel un raz-de-marée à la NPD, ces candidats ne passeront jamais. D’où la question : pourquoi les nomme-t-on? Or, la réponse semble être la plus simple, pour recueillir des fonds afin de remplir les caisses des partis. Du moins, c’est le cas de la CAQ.
Certes il y a des exceptions tels par exemple le cas du Ministre Sam Hamad, ou Yolande James ou même à Québec Solidaire avec le Dr Amir Kadir, mais ces derniers s’étaient présentés dans des comtés sûrs, acquis presque d’avance, ce qui n’est pas le cas des autres.
Des candidats « poteaux » sans réel charisme ni connaissance des problématiques québécoises
Par ailleurs, et pour considérer ces candidats « poteaux » et à mieux analyser leur savoir-faire politique l’on se pose alors de sérieuses questions sur l’agenda du parti qui les nommes. En effet, certains candidats sont appuyés par des organisations qui laissent à désirer ou par des antennes de partis politiques étrangers ou par des groupes de pressions particuliers avec un agenda qui ne rencontre pas nécessairement la politique québécoise et canadienne. Ce qui pousse à la question suivante : et si ces derniers arrivaient à gagner par un raz-de-marée leur siège à l’Assemblée nationale, vers qui se tournera leur allégeance? Vers le Québec ou l’étranger qui les a subventionnés ou aidés? Ne serait-ce pas de l’interventionnisme étranger dans les affaires nationales du Québec?
Pis encore, si nous plaçons ces candidats sur un panel sans qu’ils aient quelqu’un de leur parti derrière eux pour leur écrire leurs discours, ou pour leur dire quoi s’exprimer, que connaissent-ils de la réalité québécoise et que peuvent-ils apporter comme solution concrète à la société québécoise?
La réponse à cette question est aussi simple que compliquée, car elle implique une vision double du candidat : celle d’un bouche-trou pour un comté perdant, mais aussi celle d’un collecteur de fonds. Quid alors de son intégration? Et si le fait de participer comme « poteau » aux élections était un début d’intégration?
C’est justement là où le bas blesse, car les communautés culturelles ont fini par percevoir et comprendre cette réalité. Elles ne veulent plus être considérées comme des bouche-trous, mais comme partie intégrante de la société à laquelle elles contribuent depuis des années sans rien demander en retour. Or, avec la montée des problèmes ethniques à l’étranger et le risque de dérapage ici au Québec notamment à cause de cette politique de multiculturalisme qui tend à pousser les gens à vivre les uns à côté des autres au lieu de les pousser à vivre les uns avec les autres, le spectre d’une crise de la banlieue parisienne pourrait bien un jour se dérouler ici au Québec si les gouvernements québécois, quel que soit le parti au pouvoir n’instaurent pas dans les plus brefs délais une politique de véritable intégration des nouveaux venus pour enfin créer de nouveaux contributeurs au vrai sens du terme à la société québécoise et non plus de nouveaux pauvres… sur le BS.
Par ailleurs, et loin de vouloir justifier les écris des uns et les décisions des autres, sans une prise de conscience du rôle qui peut être d’une importance majeure pour le développement du Québec et le maintien de la paix sociale, les communautés culturelles peuvent avoir le dernier mot dans les prochaines élections pour faire pencher la balance d’un côté comme dans l’autre surtout sur l’île de Montréal dans de nombreux comtés  où leur présence est estimée à plus de 35%.
C’est à partir de ce prisme qu’il faut alors analyser la sortie injustifiée du candidat de la CAQ démis depuis, tout en gardant en tête que les communautés culturelles n’ont toujours pas oublié la fameuse phrase de l’ex-Premier ministre du Québec M. Jacques Parizeau mettant en cause l’échec du référendum sur le dos des immigrants. Cela avait conduit ces derniers à dresser en majorité un mur de méfiance vis-à-vis du Parti Québécois. Or, cette méfiance n’est pas à sens unique, ce qui complique encore plus la donne aux communautés et aux Québécois « de souche » en général poussant parfois à un paroxysme dans l’exagération.

Alain-Michel Ayache
Analyste politique
Spécialiste du Proche et Moyen-Orient

Thursday, February 5, 2009

Voices of a Generation






VOICES OF A GENERATION in The Métropolitain
By Alain-Michel Ayache on February 5, 2009

Being a student is not often an easy task. Between part-time work to be able to pay the tuition, and often five courses each semester, to deal with, a student can barely see the end.

I recall when I used to be a student and living the same ordeal, I did not have time to think what I really wanted to become. My parents wanted me to be a Medical Doctor/Surgeon; my girlfriend wanted me to be a Lawyer and earn lots of money… and me, the idealist I just wanted to liberate the world from tyranny. Well, let’s say I finally decided to become a part of these three professions. Indeed, without being really an MD/Surgeon, I ended up looking for the cause of the society’s problems that make it sick, sick from lies, from political games, etc. I ended up also being a lawyer but without gaining much money since the aim was becoming the advocate of the oppressed, and more precisely of freedom, freedom of speech, freedom of saying NO when I wanted to say no and YES when I wanted to say yes. I became what I wanted to be beyond all: An advocacy journalist. The choice was mine. No money, barely enough to eat sometimes, but rich with my freedom. No one had and ever will have the right to buy my conscience, and all the ideas that I had the chance to share via the media.

This was possible because of a man who gave me the chance to publish my first article in 1983. Indeed, Michel Cuperly and through him François Lacroix to whom I owe my gratitude and my professional career in journalism gave me access to France’s major newspapers. It was the “déclic” that gave me the strength to pursue in this direction.

Today, as a Professor, whether with my students at the Université du Québec à Montréal (UQÀM) or at Concordia University, I try to convey the same love of this noble calling that is advocacy journalism, to all my students, giving them an equal opportunity to stand for their beliefs, to the truth, to express themselves regardless of their political affiliations or religions. I ask them to go beyond emotions, to seek for the facts, to dissociate themselves from the event and to look towards the other to better understand them. I ask them to look at both sides of the same truth and to speak out, to say loud what they have been trying to convey to the leaders, those who are busy in figuring out numbers that will enrich their portfolios and policies rather than those of the poor, oppressed or simply the student Today, my Concordia students in Poli-368/2A can finally bring to the debate new visions, their own, based on their ideas.

However, to succeed this marvelous experience, we had the choice of doing two things: either go to the Hyde Park corner in London, England; or bring the Hyde Park to us. The latter was possible mainly because of a single man who believes in advocacy journalism and in freedom of speech. That man is Beryl Wajsman to whom I say thank you!